Récit de parcours • Scoutisme • Madagascar
Mon parcours pour faire avancer le vivre-ensemble en paix
Le scoutisme comme expérience concrète de dialogue, de pluralisme et de service
Le vivre-ensemble en paix n’est pas seulement une idée que j’étudie. Il traverse mon engagement, mes responsabilités et ma manière de concevoir l’éducation scoute au sein de Kiadin’i Madagasikara.

J’ai progressivement compris que la paix ne se transmet pas seulement par des discours. Elle s’apprend lorsque des jeunes différents partagent une responsabilité, construisent un projet, affrontent une difficulté et découvrent qu’ils peuvent compter les uns sur les autres. Le scoutisme m’a offert ce terrain d’apprentissage humain.
À travers les camps, les formations, les rencontres de responsables et les activités de service, j’ai vu se construire des relations capables de dépasser les appartenances sociales, territoriales, culturelles et religieuses. Cette expérience a donné une forme concrète à ce que je nomme aujourd’hui le vivre-ensemble en paix.
43e Conférence mondiale du Scoutisme
Du dialogue mondial à l’engagement pour le vivre-ensemble
Réunie au Caire du 17 au 23 août 2024, la Conférence mondiale a rassemblé les organisations scoutes nationales autour des enjeux de paix, de participation des jeunes et de coopération. L’adoption d’une résolution consacrée à la Journée internationale du vivre-ensemble en paix donne à cet engagement une portée institutionnelle mondiale.




Photographies : World Scouting / Enrique Leon. Source : galerie officielle des Conférences mondiales du Scoutisme.
Une école de fraternité vécue
Apprendre à reconnaître l’autre comme partenaire
Dans une unité scoute, chacun arrive avec son histoire, sa famille, sa langue, ses convictions et ses habitudes. La méthode scoute ne demande pas d’effacer ces différences. Elle crée un cadre dans lequel elles peuvent se rencontrer autour d’une promesse, de règles communes, d’un projet collectif et du service rendu à la communauté.
La patrouille et l’équipe apprennent aux jeunes que l’autonomie ne s’oppose pas à la solidarité. Une décision doit être expliquée, une responsabilité doit être assumée et un conflit doit être traité sans humilier l’autre. Cette pédagogie de l’action fait de la coopération une habitude, et non une simple valeur déclarée.

Pluralisme et convictions
Faire de la diversité religieuse une possibilité de rencontre
Mon engagement au sein de Kiadin’i Madagasikara m’a conduit à approfondir une question déterminante pour Madagascar : comment accueillir la diversité des convictions sans diluer l’identité de chacun et sans transformer les différences en frontières ? Dans un mouvement laïque et pluraliste, le dialogue doit permettre à chacun d’exprimer sa spiritualité, de comprendre celle des autres et de rechercher les valeurs qui rendent possible une action commune.
Cette réflexion a pris une dimension scientifique dans l’article que j’ai publié avec Angelo Ernest BOTOLAHY et Nantenaina HARIZOA sur le pluralisme religieux au sein de Kiadin’i Madagasikara. Mais elle est née d’abord de l’expérience : écouter sans juger, reconnaître la dignité des différentes traditions et préserver un espace éducatif où les jeunes apprennent à dialoguer.
Consulter la publication avec DOILa paix devient durable lorsque la différence n’est plus seulement tolérée, mais reconnue comme une occasion d’apprendre et de construire ensemble.
Responsabilités et transmission
Relier le terrain, la formation et l’ouverture internationale
Mes responsabilités scoutes m’ont placé au croisement du terrain et de la coopération. Elles m’ont appris à écouter les besoins des unités, à accompagner les responsables, à défendre une vision éducative et à créer des passerelles avec d’autres expériences du Mouvement scout. Les rencontres internationales ont renforcé cette conviction : les cultures diffèrent, mais les jeunes partagent une même capacité à servir, à dialoguer et à devenir acteurs de paix.
Je cherche ainsi à faire circuler les apprentissages entre les niveaux local, national et international. Une initiative menée dans une unité peut devenir une méthode de formation ; une expérience étrangère peut être adaptée au contexte malgache ; une réflexion universitaire peut aider le mouvement à mieux comprendre sa propre pratique.

Une contribution qui se poursuit
Passer du vivre côte à côte au construire ensemble
Mon objectif n’est pas de présenter le scoutisme comme une solution automatique aux divisions de la société. Le mouvement rencontre lui aussi des tensions, des inégalités de participation et des difficultés de représentation. Sa force réside plutôt dans sa capacité à offrir des situations où la paix peut être exercée : décider ensemble, accueillir une parole différente, résoudre un désaccord, servir une communauté et reconnaître la responsabilité de chacun.
Je souhaite continuer à documenter ces pratiques, à former des responsables capables d’animer le dialogue et à rapprocher le scoutisme des recherches sur la cohésion sociale, l’éducation interculturelle et la gouvernance. Faire avancer le vivre-ensemble en paix, c’est transformer une aspiration collective en compétences, en institutions et en gestes quotidiens.
Repères et lectures
Travaux sur le scoutisme, le dialogue et la paix
Ces ressources replacent ce parcours dans un ensemble plus large de recherches et d’initiatives. Elles ne remplacent pas le récit, mais elles en éclairent les principaux enjeux.
Dialogue et coopération
Construire ensemble une culture de paix
Je reste disponible pour les travaux de recherche, les conférences, les formations et les partenariats consacrés au scoutisme, au pluralisme, à l’éducation et au vivre-ensemble en paix.
Proposer une collaboration